LA DANSE DE MORT

DE AUGUST STRINDBERG

1998

RESUMÉ

Dans une tour isolée, le Capitaine et sa femme Alice s’accablent mutuellement de reproches, dans un bal de rancoeurs et d’aigreurs toujours plus haineux. Personne ne peut les aider, pas même Kurt, le cousin d’Alice, accusé d’avoir provoqué le désastre du couple.

 

Plutôt que de mettre en évidence le caractère naturaliste de l’oeuvre, ou d’illustrer la méchanceté dont l’humanité est capable, la mise en scène de la pièce montre les personnages de Strindberg comme des âmes en peine qui réclament de la compréhension, des êtres qui s’acharnent à maintenir leurs liens, se débattent pour garder la tête hors de l’eau. La scénographie reproduit le décor d’un appartement classique, mais à l’échelle réduite, afin d’accentuer la sensation d’oppression et d’étroitesse qui pèse sur les protagonistes.

 

La dramaturgie s’appuie aussi sur l’idée que chaque représentation se donne pour la millième fois par une compagnie théâtrale qui ne joue plus que dans des salles de province déliquescentes. Cette fable permet d’élargir le propos de la pièce sur l’acte même de faire du théâtre, sur sa perte de fonction dans la société contemporaine autant que sur l’impossibilité de s’en passer.

LA DANSE DE MORT

DATES

du 6 au 18 janvier 1998
LAUSANNE – Grange de Dorigny

 

du 24 septembre au 4 octobre 1998
GENEVE – Théâtre de Grütli

 

20 novembre 1998
LA CHAUX-DE-FONDS – Temple Allemand

GÉNÉRIQUE

Projet et réalisation:
Andrea Novicov

Sur scène:
Jean-Luc Farquet
Georges Grbic
Joëlle Wider (reprise: Naara Salomon)

Hors scène:
Lumière: Laurent Junod
Décor et costumes: Sabine Crausaz
Construction décor: Alexandre Martin, Jean-Claude Blaser Choix Musical: Giovanni Venosta
Maquillages: Mia Vranes
Administration: Marika Buffat

Production:
Cie Angledange

Soutien:
Grange de Dorigny – Lausanne
Service des affaires culturelles de la Ville de Lausanne
Département des affaires culturelles de la Ville de Genève
Département de l’instruction publique de l’Etat de Genève
Loterie Romande
Corodis

MÉDIAS

Un enfer nécessaire à la survie. Andrea Novicov monte de manière aussi intelligente qu’épurée La Danse de mort. – Tous [les] éléments [de la scénographie] sont réduits à l’état de signes. Mais au lieu d’agir dans la pièce comme d’accessoires repères pour désigner le carcan bourgeois, ils sont érigés en repères secondaires d’un espace mental résolument contemporain. Le jeu des acteurs suit une courbe ascendante qui va d’une sorte de rectitude froide à une gesticulation grand-guignolesque. Par ces multiples biais, A. N. parvient à dessiner cette pièce de Strindberg à la ligne claire. Il en épure les contours, et les détours, pour ne plus en garder que l’axe central : celui qui nous dit notre inaptitude à la solitude.
Journal de Genève – Christophe Fovanna

Angledange restitue avec talent une lutte de cerveaux. Une très bonne version – Le travail de la Compagnie Angledange frappe par sa cohérence. (…) C’est très réussi. Tout comme le traitement de l’espace, qui éclate au plus fort de la tempête, ou l’éventail des niveaux de jeu développés par les acteurs. (…) Bref, la représentation convainc, les images frappent et le propos n’a rien perdu de son actualité : ces esprits à vif qui en décousent avec leur existence, avec les autres, avec leurs propres démons vibrent d’une résonance forte.
24 Heures – René Zahnd

Haine, ennui, vengeance, hypocrisie. Le tout exacerbé. Vue par Andrea Novicov, « La danse de mort » de Strindberg assume son dément paroxysme – Relayant parfaitement [le] penchant pour la mystification [de Strindberg], Andrea Novicov travaille l’artifice. Artifice du décor de Sabine Crausaz, qui affiche sans vergogne la décrépitude avancée d’un intérieur bourgeois ; artifice du jeu, surtout, qui, via le maniérisme appuyé, dit l’usure et l’excès. Alors, l’intrigue disparaît au profit d’une chorégraphie de la dérive d’où les survivants ressortent plus pathétiques que jamais. Mais aussi plus touchants…
Marie-Pierre Genecand, Le Courrier

24 Heures
Angledange restitue avec talent une lutte de cerveaux
Le Courrier
Strindberg, incontestablement un maître du paroxysme
Journal de Genève
Pour Alice et Edgar, Kurt est un enfer nécessaire à la survie

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